Légende d’Inanna et équinoxe d’automne : un passage sacré vers l’intériorité

Deux fois par an, le jour et la nuit s’équilibrent parfaitement. L’équinoxe d’automne marque ce moment suspendu où la lumière et l’ombre se tiennent face à face, comme deux miroirs. C’est un seuil, une bascule : après l’élan solaire de l’été, nous entrons dans le temps du ralentissement, de l’intériorité et du dépouillement.

Les traditions anciennes honoraient ce passage comme un moment sacré : fête des récoltes, gratitude pour les fruits de la Terre, mais aussi invitation à reconnaître ce qui doit être laissé derrière. Car l’automne ne se contente pas d’offrir ses couleurs flamboyantes : il nous rappelle aussi que tout cycle implique une descente, une mise à nu.

C’est là qu’entre en résonance la légende d’Inanna, grande déesse sumérienne. Elle aussi choisit de descendre, quittant la lumière pour rejoindre le royaume de sa sœur Éreshkigal, souveraine des profondeurs. À chaque porte du monde souterrain, Inanna abandonne un attribut de sa royauté, jusqu’à se retrouver nue, vulnérable, face à l’ombre. Son voyage nous enseigne que l’équilibre véritable ne naît pas en fuyant l’obscurité, mais en l’embrassant comme une part nécessaire du cycle de vie.

Ainsi, l’équinoxe d’automne nous invite à notre propre descente : un temps pour honorer nos récoltes, remercier la lumière qui s’éloigne, et accepter de franchir les portes intérieures qui mènent vers l’essentiel.

L'équinoxe dans la roue de l'année

L’équinoxe d’automne marque un point d’équilibre rare : jour et nuit se tiennent exactement à la même longueur. Ce moment, à la fois simple et cosmique, nous rappelle que la vie elle-même repose sur des cycles où rien ne domine toujours. Après l’expansion lumineuse de l’été, voici venu le temps du ralentissement, de l’intériorité.

Dans la roue de l’année, les traditions païennes ont honoré ce passage sous le nom de Mabon. C’était la fête des récoltes, le moment de remplir les greniers, mais aussi de dire merci pour les fruits de la terre. Ce n’était pas qu’une célébration agricole : c’était aussi l’occasion de faire le point, de reconnaître ce qui avait porté ses fruits dans l’année, et de commencer à lâcher ce qui ne nourrit plus.

Cette bascule nous invite à regarder autrement la lumière qui décroît et l’ombre qui s’avance. L’une n’annule pas l’autre : elles s’équilibrent, comme deux pôles nécessaires. C’est un temps de bilan, mais aussi un appel à franchir un seuil intérieur.

C’est justement ce que raconte le mythe d’Inanna, la grande déesse sumérienne. Elle aussi quitte la surface éclatante pour descendre dans les profondeurs, vers l’obscurité du monde souterrain. Son voyage résonne avec ce passage de l’équinoxe : un mouvement de dépouillement, de descente volontaire dans l’ombre, non pas pour s’y perdre, mais pour y trouver une autre forme de vérité.

Inanna : le mythe de la descente

Inanna est l’une des plus anciennes déesses du Proche-Orient, honorée en Sumer il y a plus de quatre mille ans. Elle est à la fois déesse de l’amour, de la fertilité et de la guerre, porteuse d’une souveraineté complète, lumineuse et affirmée. Mais un jour, elle prend une décision radicale : quitter le ciel et la surface de la terre pour descendre dans le monde souterrain, là où règne sa sœur Éreshkigal, figure de l’ombre et de la mort.

Son voyage n’a rien d’une promenade. Pour franchir les portes du royaume souterrain, Inanna doit se dépouiller de tout ce qui fait son apparence de reine : sa couronne, ses bijoux, ses vêtements sacrés. À chaque seuil, elle perd un attribut, jusqu’à se retrouver nue et vulnérable devant sa sœur.

Ce dépouillement est une clé du mythe. Il parle de ce que nous quittons nous aussi quand nous franchissons l’équinoxe d’automne. Comme les arbres qui laissent tomber leurs feuilles, nous sommes invités à déposer nos rôles, nos excès, nos attachements, tout ce qui alourdit et masque l’essentiel.

La descente d’Inanna devient alors une image de ce que l’automne nous enseigne : accepter de se délester pour mieux traverser l’ombre. Non pas comme une punition, mais comme une étape nécessaire de tout cycle de vie.

Un miroir intérieur

À l’équinoxe, la nature elle-même devient miroir : la lumière cède doucement du terrain à l’ombre, et ce mouvement extérieur nous renvoie à notre propre équilibre intérieur. Nous aussi, nous portons une part claire et une part sombre. L’une n’annule pas l’autre, elles coexistent et se répondent.

Le mythe d’Inanna nous rappelle que l’ombre n’est pas un ennemi à éviter, mais une initiation. Sa descente dans le monde souterrain n’est pas une chute, c’est une étape nécessaire de son chemin de souveraineté. Elle ose regarder ce qui se cache dans les profondeurs, au prix de se dénuder de tout ce qui la protégeait ou la définissait.

À l’équinoxe, nous sommes invités à faire le même geste symbolique. Se demander : qu’avons-nous récolté depuis le printemps ? Quelles expériences, quels projets, quelles relations ont porté leurs fruits ? Et, à l’inverse, qu’est-ce qui peut maintenant être remis au sol fertile de l’ombre pour se transformer, se décomposer et nourrir une renaissance future ?

L’équilibre de la saison nous pousse à cet examen honnête : reconnaître la lumière en nous, mais aussi accepter ce qui demande à mourir pour laisser place au neuf.

Le seuil sacré : un rituel de passage

L’équinoxe est un seuil. Ce n’est ni l’éclat total de l’été ni l’obscurité complète de l’hiver : c’est un entre-deux fragile et sacré. Comme une porte entrouverte, il nous invite à passer d’un état à un autre, à consentir à la transition.

Le mythe d’Inanna éclaire ce moment. Sa descente n’est pas un échec ni une perte définitive. C’est une traversée nécessaire, une mise à nu qui ouvre vers une autre forme de puissance. Elle accepte de franchir les portes, même si cela implique de se dépouiller. Ce courage de descendre, c’est aussi ce que l’équinoxe nous demande.

Ce passage se vit d’abord dans le corps. La lumière qui décroît nous fatigue, le rythme s’alourdit, le besoin de repos et d’ancrage se fait sentir. Écouter ces signes est déjà un rituel en soi : ralentir, honorer ses limites, s’accorder plus de douceur.

Mais il engage aussi l’âme. Comme Inanna, nous sommes appelés à accepter la descente, à ne pas la craindre. Car ce mouvement vers l’intérieur prépare déjà la renaissance du printemps. Ce que nous déposons aujourd’hui dans l’ombre deviendra le terreau de demain.

Pratiques pour accompagner ce passage

L’équinoxe n’est pas qu’un concept : c’est une expérience à vivre dans le corps et dans le cœur. Pour accompagner ce passage, de simples pratiques suffisent à donner du sens et à poser des gestes symboliques.

Un rituel de gratitude. Avant d’entrer dans l’obscurité grandissante, prendre le temps de remercier pour les récoltes de l’année. Cela peut être concret comme écrire les réussites, les apprentissages, les relations précieuses de ces derniers mois, puis les lire à voix haute, comme une offrande. Inanna, avant sa descente, possédait tous les attributs de sa royauté. Honorer nos dons avant de les laisser derrière nous, c’est reconnaître que rien n’a été vain.

Une méditation d’équilibre. S’asseoir quelques minutes pour respirer dans l’axe du corps. Visualiser l’énergie circuler du chakra racine jusqu’au cœur, puis jusqu’à la couronne. Sentir le yin et le yang, l’ombre et la lumière, se rencontrer à l’intérieur. L’équilibre du ciel et de la terre en soi.

Un rituel inspiré d’Inanna. Prendre sept petits papiers. Sur chacun, écrire un rôle, une peur, un attachement ou un excès dont on souhaite se délester. Puis les déposer dans un bol, ou mieux, au pied d’un arbre, comme une offrande à la terre. À l’image d’Inanna qui franchit sept portes en se dépouillant, ce geste symbolise le passage vers l’essentiel.

Un appel aux sens. S’entourer d’une odeur qui ancre et rassure. Quelques gouttes de myrrhe ou de vétiver sur un galet ou dans un diffuseur, ou encore une fleur d’automne déposée sur l’autel de saison. Ces présences sensorielles rappellent que même dans la descente, la beauté et le soutien demeurent.

Ces pratiques, simples mais profondes, marquent le seuil et nous aident à entrer dans l’automne avec conscience et sérénité.

Le message spirituel de l'automne

L’automne nous enseigne que le lâcher-prise n’est pas une faiblesse mais une puissance. Les arbres laissent tomber leurs feuilles sans résister, et pourtant, rien n’est perdu : la vie se régénère dans l’ombre de la terre. La lumière ne disparaît pas, elle se prépare autrement, invisible, en attente du retour.

Le mythe d’Inanna nous rappelle cette même vérité. Dépouillée de tout, livrée à l’ombre, elle renaît transfigurée, plus souveraine encore. Son passage par le dépouillement n’a pas diminué sa force, il l’a rendue plus vraie. C’est dans la nudité de l’être que réside une royauté intérieure, indépendante des apparences.

À l’équinoxe, l’invitation est claire : accepter de marcher avec confiance dans la lenteur et la profondeur. Ne pas craindre la descente, mais l’accueillir comme une étape fertile. L’automne n’est pas la fin : il est le terreau silencieux d’une renaissance déjà en germe.

Pour conclure ...

L’équinoxe d’automne nous invite à un triple mouvement : exprimer notre gratitude pour les récoltes, accepter le dépouillement comme chemin de vérité, et accueillir la promesse d’une renaissance à venir. À l’image d’Inanna qui ose traverser l’ombre pour en ressortir transformée, nous aussi pouvons choisir de franchir ce seuil avec confiance.

L’automne n’est pas une perte mais une préparation, une manière de revenir à l’essentiel pour mieux renaître au printemps.

Et toi, que serais-tu prête à déposer à ce seuil, pour entrer plus légère dans l’intériorité de l’automne ?

Avec douceur et lumière,

Corinne | SouveReine 🌹

Gardienne du Sacré au quotidien

"Lorsque tu t’élèves en vibration, ce n’est pas le monde qui change… c’est ta façon de le traverser." – Corinne

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